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Sous les pavés ... l'oseille !




La 76e édition du Festival international du film de Cannes s'est achevée samedi 27 mai avec l’attribution de la Palme d’or à Justine Triet pour son film « Anatomie d’une chute ». Cette distinction qui récompense le talent de la réalisatrice française, aurait dû être source de fierté nationale. Et n’être que cela. Cependant, lors de la remise du trophée, la récipiendaire a jugé utile de se lancer dans une charge anti-gouvernementale en débitant un texte critiquant pêle-mêle la réforme des retraites et la casse que le gouvernement organiserait à l’encontre de l’exception culturelle française.


Bien sûr cette professionnelle du cinéma est libre de s’exprimer comme elle l’entend. Mais tout de même ! Se lancer, devant les caméras du monde entier, dans une philippique sur l’âge du départ à la retraite, plutôt que profiter de cette tribune exceptionnelle pour dénoncer, par exemple, la répression des femmes iraniennes, le travail forcé que Pékin impose aux Ouighours ou encore l’agression russe en Ukraine, est proprement sidérant. Pour comprendre une telle attitude, on hésite entre aveuglement idéologique et manque d’intelligence de situation. Par parenthèse, cette posture est l’exact inverse de l’attitude de la mannequin iranienne Mahlagha Jaberi qui osa dénoncer les exécutions de masse du régime de Téhéran en montant, avec courage, les marches du festival en portant une corde au cou.



Mais, revenons à notre lauréate dont la fin de la diatribe fut plus encore partisane et injuste. Accuser les pouvoirs publics de détruire l’exception culturelle est proprement stupéfiant. Rappelons qu’à l’instigation de la France, ce concept instaurant un statut spécial pour les œuvres et la production audiovisuelles afin de les protéger des règles commerciales de libre-échange a été décidé, il y a 30 ans, par l’Union Européenne. Et, concernant l’Hexagone, au fil des ans, ces dispositions ont été non seulement maintenues mais étendues.

Enfin, concernant l’œuvre distinguée à Cannes, rappelons à Madame Triet que son œuvre n’aurait sans doute pas voir le jour sans les quelque 3 100.000 d’euros d’aides publiques nationales et régionale, soit plus de la moitié du budget du film « Anatomie d’une chute ». Avec un brin de poésie, les étudiants contestataires de mai 68 écrivaient : « sous les pavés, la plage » ; pragmatique, Justine Triet vient de forger un slogan cynique : « sous les pavés, l’oseille ! ».


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