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Mitterrand confidentiel : du grand Podalydès

  • Photo du rédacteur: Alain Camilleri
    Alain Camilleri
  • 7 janv.
  • 2 min de lecture


Le « Mitterrand confidentiel », série franco-belge réalisée par Antoine Garceau d’après un scénario de Stéphane Pannetier, n’est pas un documentaire retraçant la trajectoire politique de l’ancien président de la République. En vérité, l’ambition des auteurs de cette œuvre télévisée est de proposer au spectateur une plongée en eau profonde - et parfois trouble - dans l’intimité de ce personnage romanesque qu’a été François Mitterrand.

 

Pour cette œuvre conjointement diffusée par France 2 et la RTBF, le réalisateur a confié le rôle à Denis Podalydès. Il est vrai que ce sociétaire de la Comédie Française avait déjà fait ses preuves en jouant, quinze ans plus tôt, le rôle de Nicolas Sarkozy dans « La Conquête », un long métrage réalisé par Xavier Durringer.

 

Les principales étapes de la vie publique de Mitterrand servent uniquement de prétexte pour mettre en exergue et décoder la vie intime d’une personnalité complexe. Pour réussir une telle performance, Denis Podalydès a déployé tout son talent, qui n’est pas petit ! Sans recourir aux artifices du maquillage, l’acteur s’est fondu dans le personnage de façon mimétique. À dire le vrai, tout y est : la voix, le phrasé et ses tics de langage, la démarche, la gestuelle, le regard, sans oublier les silences.

 

L’acteur principal interprète de façon exceptionnelle le président gérant sa double vie conjugale et ses deux familles et cela, jusqu’à ses propres obsèques. Pour lui donner la réplique, citons l’excellente Valérie Karsenty qui joue le rôle d’une Danièle Mitterrand émouvante, Judith Chemla dans celui d’Anne Pingeot, sans oublier l’étonnante Suzanne Jouannet incarnant avec justesse Mazarine.

 

S’il fallait retenir un passage de ce biopic dans lequel Denis Podalydès donne la pleine mesure de son art, on pourrait citer le dernier discours de la vie politique du président socialiste où, devant le parlement européen de Strasbourg, le vieil homme, miné par la maladie mais dopé par la volonté, met en garde les européens contre les risques de repli guettant les nations : « Le nationalisme, c’est la guerre ! ». Durant cette séquence, l’interprétation de Podalydès est tout simplement époustouflante.

 

Pour les lectrices et les lecteurs qui souhaitent voir ou revoir cette série, on voudra bien noter que les quatre épisodes sont désormais accessibles en mode replay sur le site de France 2.

 

 

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