La bataille de Gaulle - 2e partie
- Alain Camilleri

- 30 juin
- 2 min de lecture

Pour la deuxième partie du dyptique « La Bataille de Gaulle », intitulée « J’écris ton nom », le réalisateur Antonin Baudry s’appuie sur l’action coordonnée de trois hommes d’envergure exceptionnelle. Ce trio, composé de Charles de Gaulle, Philippe Leclerc et Jean Moulin est déterminé à combattre pour, à la fois, concourir à libérer la France et, tâche tout aussi ardue, sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du pays.
Le film montre bien comment le caractère inflexible du général de Gaulle lui permettra de surmonter les innombrables difficultés au premier rang desquelles, la franche hostilité du président Roosevelt qui, longtemps, niera la légitimité de de Gaulle, préférant, à défaut de Pétain, jouer la carte du Général Giraud dont le rôle est incarné par un excellent Thierry Lhermite. Sur cette question de Gaulle dira. : « j’incarne tout ce que les américains détestent : je suis faible et je suis entêté »
Le face à face de Gaulle / Giraud, se déroule au sein du gouvernement provisoire de la République, dans un Alger libéré ; le spectateur perçoit clairement le savoir-faire subtil que déploie le chef de la France Libre pour se débarrasser du général Giraud, grand soldat mais bien piètre homme politique. L’interprétation magistrale de Simon Abkarian donne du relief aux passes d’armes homériques entre de Gaulle et un Churchill, bien souvent tiraillé entre sa francophilie avérée et la nécessité de se plier aux exigences du puissant allié américain. Excédé par l’opiniâtreté du général, Churchill dira : « De toutes les croix que j’ai portées, la plus lourde à été la croix de Lorraine ! ».
« La bataille de Gaulle » dépeint avec justesse Philippe Leclerc (Niels Schneider) comme un grand chef de guerre doublé d’un meneur d’hommes charismatique. Dans les scènes de bataille impressionnantes qui se déroulent dans le désert du Fezzan ou dans le sud tunisien, le spectateur y découvre un immense stratège en la personne du futur Maréchal de France.
Enfin, le troisième homme-clé de l’épopée gaulliste est Jean Moulin, incarné à l’écran par Félix Kysyl. Le réalisateur a reconstitué les difficultés auxquelles se heurte l’ancien préfet de gauche pour unifier les différentes composantes de la résistance ; fin mai 1943, Moulin y parviendra, comme le rappelle la séquence consacrée à la première réunion clandestine du Conseil National de la Résistance. Arrêté par la gestapo, il est torturé par Barbie à qui, ensanglanté et à demi-conscient, il lancera : « vous avez perdu la guerre ! ».
Le point d’orgue du film est la ruée des blindés de Leclerc qui foncent vers la capitale pour libérer un Paris déjà couvert de barricades érigées par le peuple parisien qui s’est soulevé devant l’occupant.
« La Bataille de Gaulle » est un récit épique particulièrement réussi ; avec ses deux parties, l’œuvre dure plus de 5 heures. Cependant, le public, tenu en haleine jusqu’au bout par le rythme soutenu d’un film servi par la qualité des acteurs, ne voit vraiment pas le temps s’écouler.




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