Manuela Fumis, le courage d’une femme.
- Giorgio Bottò

- 26 juil.
- 3 min de lecture

La force de celle qui transforme la douleur en espoir.
« Puisque je suis encore là, j’ai le devoir de vivre ». Cette phrase résume l’histoire de Manuela Fumis, une femme qui a su transformer son combat contre le cancer en un engagement concret au service des autres.
Sa vie bascule en 2009, lorsqu’à seulement 38 ans, elle découvre une grosseur au sein. Dès lors s’enchaînent opérations, traitements et un long parcours marqué par la maladie. Au fil des années, elle fait face à plusieurs récidives et vit aujourd’hui avec une forme métastatique de la tumeur. Une épreuve qui aurait pu briser n’importe qui. Mais Manuela a choisi une autre voie : transformer la douleur en solidarité.
En 2014, alors qu’elle cherchait un moyen de vivre avec l’anxiété et la peur, elle a compris que l’énergie générée par la souffrance pouvait devenir une force positive. C’est ainsi qu’est né son engagement dans le bénévolat, qui a abouti à la création de l’association DinAMICI ODV en collaboration avec Manuel Manuzzato. Un projet articulé autour d’un principe simple mais profond : prendre soin des personnes, surtout dans les moments les plus difficiles de leur vie.
Pour Manuela, l’association n’est pas seulement une structure de bénévolat, mais une véritable « créature », née de son expérience de patiente. C’est de là que naît une mission précise : rendre les environnements hospitaliers et les parcours de soins plus humains.
Au fil des ans, DinAMICI a mené à bien de nombreux projets en faveur de la santé publique. Parmi les plus importants figure l’aménagement complet du nouveau service de neuropsychiatrie infantile de l’hôpital de Monfalcone, une intervention d’une valeur d’environ 200 000 euros. À cela s’ajoutent la création d’une salle dédiée aux perfusions de chimiothérapie, la rénovation de la salle d’attente du service d’oncologie, le don de matériel médical et de nombreux investissements réalisés pendant la crise sanitaire.
La dernière étape importante a été franchie le 17 juin 2026 à l’hôpital de Cattinara à Trieste, avec le don au service de médecine nucléaire d’un nouvel appareil destiné au diagnostic et à la recherche du ganglion sentinelle dans les cas de cancer et de mélanome, acheté grâce aux fonds collectés lors de l’initiative « Ottobre Rosa – Take Care of You ».
En neuf ans d’activité associative, DinAMICI a fait don de plus d’un demi-million d’euros pour venir en aide aux patients, aux familles et aux établissements de santé. Mais le résultat le plus important ne se mesure pas en chiffres : il se mesure aux sourires retrouvés, aux étreintes et à l’espoir redonné à ceux qui font face à la maladie.
Aujourd’hui, Manuela continue de vivre avec le cancer sans laisser la maladie la définir. Elle continue à mener des projets, à mobiliser des bénévoles, des associations – parmi lesquelles l’I.P.A. (International Police Association), section de Monfalcone, qui la soutient – et des organismes locaux, démontrant ainsi que même les épreuves les plus dures peuvent donner naissance à quelque chose d’extraordinaire.
Je l’ai interviewée et je vous propose ici quelques extraits de ses réponses, des mots qui témoignent de la force et de la sensibilité d’une femme exceptionnelle :
« C’est pour cela que j’ai choisi le bénévolat. J’ai transformé ma peur, ma colère et ma douleur en aide pour les autres. Si la maladie me confrontait à la mort, je cultiverais la vie. Si elle me contraignait à vivre une guerre, je répondrais par l’amour.
C’est de ce choix qu’est née l’association DinAMICI. C’est peut-être aussi pour cela que l’un de nos premiers grands projets a été consacré aux enfants.
Je me souviens encore du jour de l’inauguration du Centre des troubles neurodéveloppementaux et des psychopathologies de l’âge évolutif. Devant les journalistes, j’ai prononcé une phrase que je n’avais pas préparée. Elle m’est venue spontanément :
« Je me sens comme la maman de tous ces enfants.
Ce n’est qu’après coup que j’ai compris la signification de ces mots. Ils n’avaient pas été réfléchis. Ils étaient simplement vrais. Car peut-être que l’amour que je n’ai pas pu donner à un enfant a trouvé une autre forme. Et il continue de vivre dans les personnes que nous rencontrons, dans les enfants que nous accueillons, dans les familles que nous soutenons et dans les projets que nous menons à bien. ».

Cette interview est trop longue pour être intégralement retranscrite mais nous reviendrons certainement sur cette histoire.
Le parcours de Manuela Fumis incarne la résilience et la force du bénévolat : il prouve que la douleur peut se transformer en amour, la peur en courage et la maladie en une occasion d'améliorer la vie des autres.

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