À L’ENCRE DU CIEL
- Henri Rivière

- 3 mai
- 2 min de lecture

Saisir un vieux schnock comme moi en trois pages, avec les pérégrinations d’une adolescente
fugueuse de quinze ans et demi, ce n’était pas gagné d’avance ! Et pourtant… Je fus vite emporté dans cette Australie que beaucoup fantasment, à juste titre, comme on le découvre tout au long du récit.
Mais ce qui constitue l’essentiel du kidnapping, c’est d’abord l’écriture de Karine de Saga et ce qu’elle transpire. C’est à la fois touffu et aéré, dense et léger. Une gageure en soi. Cette plume nous emporte dans un tourbillon de lieux et d’ambiances inconnues, soudain familières. Au fil du récit, on oublie vite que Delf n’a que quinze ans.
Elle est prise dans un de ces tourbillons de la vie, souvent propres aux globe-trotters et à ceux qui savent quitter les sentiers battus de l’existence. Et puis, très vite, c’est la nature australienne qui devient l’autre héroïne du roman, l’écrin à la hauteur de l’humanisme dont regorge cette gamine unique... Et là, on s’envole encore un peu plus…
Delf nous transporte avec grâce à Goa, puis enfin Hawaï, pour parachever sa découverte des mondes subtils et découvrir qui elle est réellement. Paris fera office d’intrus dans ce parcours, de pierre noire, et pour cause ! Le roman nous livre une galerie de personnages originaux, venant ajouter encore au plaisir croissant que procure de suivre l’auteure dans ce voyage initiatique, dont on saisit très vite qu’elle en connaît tous les recoins. Le dénouement venu, on prend de plein fouet la puissance émotionnelle de ce conte, dont on ne sait plus vraiment s’il est imaginaire.
Et quelle histoire d’amour insoupçonnée, au final ! En conclusion, les mots couchés sur le papier par Karine de Saga sont le fruit d’une vraie profondeur chez l’auteure. Le récit confère à un traité de philosophie sur la vie, la nature qui nous abrite, drapé dans une belle sémantique.
On sort de ce roman touché à l’âme et gonflé à bloc de nouvelles espérances.
Du pur bien-être, qui ne peut qu’avoir été écrit…à l’encre du ciel. Par une écrivaine qui devrait compter.


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