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De Gaulle, Malraux et la Culture

  • Photo du rédacteur: Alain Camilleri
    Alain Camilleri
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture
Le général de Gaulle accompagné d'André Malraux, ministre des Affaires culturelles, à l'inauguration du Théâtre de France le 21 octobre 1959 à Paris. ©AFP
Le général de Gaulle accompagné d'André Malraux, ministre des Affaires culturelles, à l'inauguration du Théâtre de France le 21 octobre 1959 à Paris. ©AFP

« La Culture domine tout » (Charles de Gaulle, 15 mai 1965)


Charles de Gaulle aura bien sûr marqué l’Histoire par son appel du 18 juin 1940, point de

départ de la résistance à l’occupant nazi ainsi que par la création de la Ve République et

l’entreprise de décolonisation. Mais ces fracas de l’Histoire ne sauraient occulter l’action

déterminée que mena le Général en matière de Culture : il déclare  « la Culture est un

élément essentiel de la grandeur de la France. »


Paradoxalement, pendant longtemps la France, ce vieux pays pétri de culture(s), ne s’était

pas dotée d’un ministère digne de ce nom. Aussi, dès son retour aux affaires, le président de

la nouvelle République charge-t-il son premier ministre, Michel Debré, de constituer le

gouvernement : il lui glisse : « Il vous sera utile de garder Malraux. Taillez pour lui un

ministère, par exemple, un regroupement de services que vous pourrez appeler « Affaires

culturelles ». Malraux donnera du relief à votre gouvernement. ». André Malraux, immense

écrivain, membre des brigades internationales, résistant et ami personnel de de Gaulle,

accepte le maroquin proposé et, avec le soutien sans faille du général, va donner à ce

nouveau ministère la dimension qu’il mérite.


Les initiatives et les réformes s’enchaînent avec pour mot d’ordre : la Culture ne doit plus

être la chasse gardée des élites. Ainsi, entre 1961 et 1968, huit maisons de la Culture seront

inaugurées : elles diffusent les arts en général, notamment le théâtre, la musique, le cinéma

et les arts plastiques. Situées en province, sept de ces huit premières Maisons de la Culture

constitueront, à bas bruit, un premier pas vers la déconcentration de la Culture, même si les

financements de ces établissements restent encore dans les mains de l’État.


En matière d’affaires culturelles, la politique gaullienne sera également marquée par la

protection du patrimoine ; ainsi, dès le début des années 60, les monuments nationaux

seront restaurés et ravalés à commencer par Notre Dame de Paris et l’Arc de Triomphe dont

la noirceur liée à la pollution urbaine était stupéfiante.

Sans tomber dans un inventaire à la Prévert, la décennie de Gaulle fut aussi le soutien

financier aux compagnies de théâtre, au monde du cinéma et plus généralement aux

artistes, la diffusion de la langue française au travers des instituts culturels français à

l’étranger et les échanges artistiques internationaux ; pour ce dernier point, on se rappellera

que la Joconde traversa l’atlantique à bord du prestigieux paquebot France pour séjourner

de longs mois à la National Gallery de Washington. Enfin, n’oublions pas qu’en 1962 Malraux

confiera à Marc Chagall la réalisation d’une fresque monumentale destinée à orner le

plafond de l’Opéra Garnier.


Cette politique culturelle volontariste impulsée par le duo de Gaulle/Malraux ira, hélas,

decrescendo durant les années 70 ; cependant, il est juste de signaler son important regain

d’activité créatrice durant le double septennat du président Mitterrand et de son ministre de

la Culture, Jack Lang.

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