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La bataille de Gaulle : l’âge de fer

  • Photo du rédacteur: Alain Camilleri
    Alain Camilleri
  • il y a 5 jours
  • 2 min de lecture


« L’âge de fer » est la première partie du film d’Antonin Baudry intitulé « La bataille de

Gaulle ». Cette saga retrace avec brio l’épopée du général de Gaulle entre 1940 et 1942.

Cette première partie est une vraie réussite cinématographique : gros budget, distribution

d’excellent niveau, scenario fidèle à la réalité historique.

Avec 75 millions d’euros de budget, ce diptyque a bénéficié de la plus forte dotation

financière du cinéma français des dix dernières années, dotation qui a permis la réalisation

de scènes impressionnantes comme les batailles de Montcornet et surtout de Bir Hakeim.

Mais, surtout, la réussite du film doit beaucoup à Simon Abkarian, qui joue le rôle de Charles

de Gaulle. Sans tomber dans la facilité de l’imitation, cousine de la caricature, Abkarian a su

se glisser dans la peau de celui qui est entré dans l’Histoire de son vivant. Son interprétation

magistrale se mesure par la justesse du phrasé, de l’allure, des gestes et bien sûr des coups

de gueule du général rebelle.

Cette première partie met en exergue la solitude mais aussi l’énergie de celui qui prit la

décision de partir à Londres pour « ramasser le tronçon du glaive ». Seul, exilé à Londres

après l’effondrement de la France, sans moyens, condamné à mort par le régime de Vichy,

méprisé par les États Unis, le général deux étoiles est accueilli par une Grande Bretagne

écrasée par le blitz nazi et dirigée par Winston Churchill, cet autre géant du XXe siècle.

Le film campe avec excellence le duo de Gaulle / Churchill, duo qui souvent tourne au duel,

assorti de phrases assassines parfois sur fond de tragédie :

- Churchill hurlant : « de Gaulle, vous n’êtes pas la France ! »

Parfois sur un mode plus léger mais mordant :

- De Gaulle ironique devant un Premier ministre accoutré d’une tenue improbable :

« dites-moi, est-ce carnaval aujourd’hui à Londres ?».

- Churchill : « exactement ! Mais que voulez-vous, tout le monde ne peut pas s’habiller

en soldat inconnu ! ».

Le film restitue les sentiments profonds et l’état d’esprit du général : l’amour de la patrie,

une vie spirituelle forte et une volonté de fer lui permettant de surmonter les revers les plus

graves comme l’expédition ratée de Dakar : de Gaulle est ravagé par cet échec majeur et

pense, un temps, mettre fin à ses jours, avant de se ressaisir.

Ce long métrage souligne comment la vision épique de de Gaulle se réalise pas à pas. La

France Libre prend corps et s’organise : avec la résistance autour de Jean Moulin et,

militairement, avec la victoire de Bir Hakeim où 3700 soldats commandés par le général

Koenig résistent de longs jours face un ennemi nombreux et surpuissant, dirigé par Rommel

et ses Panzers.


Bien sûr certains intégristes de « l’exactitude historique » ont trouvé matière à critique,

oubliant – ou feignant d’oublier – que les contraintes d’un film obligent à faire une impasse

ici et un raccourci là. Mais force est de constater que « l’âge de fer » est une œuvre

remarquable qui tient le spectateur en haleine et l’incite à retourner prochainement dans les

salles obscures voir la seconde partie de cet opus intitulée : « j’écris ton nom ».

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