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Michael Jackson - Biopic ambitieux mais...

  • Photo du rédacteur: Daniele Mattei
    Daniele Mattei
  • 29 avr.
  • 3 min de lecture


Le nouveau film très attendu de Antoine Fuqua consacré à Michael Jackson, icône mondiale disparue en 2009 à seulement 50 ans, arrive enfin en salles. Retracer en deux heures l’existence d’un artiste d’une telle envergure relève toutefois du défi. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’une figure aussi controversée, longtemps au cœur de rumeurs et de polémiques — notamment autour de ses transformations physiques et des accusations d’abus sur mineurs qui ont marqué sa vie.


À ces difficultés s’ajoute l’influence considérable exercée par la famille et les ayants droit sur ce type de production. Résultat : le film a subi de nombreux remaniements et se concentre uniquement sur la première partie de la vie de l’artiste, s’arrêtant juste avant les périodes les plus sombres de son existence.


Le récit s’attarde principalement sur l’enfance de Michael Jackson. Son père, Joseph Jackson, musicien frustré contraint de travailler dans une aciérie pour subvenir aux besoins de sa famille, détecte très tôt le potentiel de ses fils. Il fonde alors les Jackson Brothers et impose à ses enfants une discipline de fer, faite de répétitions intensives et de sanctions sévères en cas d’erreur. Très vite, un talent se distingue : celui du jeune Michael, qui, après avoir observé ses frères, révèle des capacités exceptionnelles en chant et en danse. Avec l’arrivée de Michael et de son frère Marlon, le groupe devient les Jackson 5.


Rapidement propulsé au rang de chanteur principal, Michael entraîne le groupe vers un succès grandissant, d’abord sur les scènes locales de Gary et Chicago, puis à l’échelle nationale après leur signature chez la Motown. Le film restitue fidèlement cette ascension fulgurante, mettant particulièrement en lumière la relation complexe entre Michael et son père. Autoritaire et exigeant, Joseph pousse son fils à l’excellence, tandis que leur mère, Katherine, tente d’apaiser les tensions par l’affection et la foi, en tant que Témoin de Jéhovah. Cette dynamique familiale, suggère le film, sera déterminante dans les fragilités futures de l’artiste.


À mesure qu’il grandit, Michael cherche à s’émanciper de l’emprise paternelle, tant sur le plan artistique que personnel. Cette indépendance s’affirme avec l’album Off the Wall, avant d’atteindre son apogée avec Thriller, produit par Quincy Jones, qui deviendra l’album le plus vendu de tous les temps. Michael Jackson s’impose alors comme une superstar universelle, transcendante les barrières raciales et redéfinissant les codes de la pop mondiale.


Cependant, si le film retrace ces étapes majeures, il reste en surface. La complexité du processus créatif, notamment autour de Thriller, est à peine esquissée. L’œuvre donne l’impression d’un parcours artistique sans heurts, à l’exception de l’accident survenu lors du tournage d’une publicité, qui brûla les cheveux du chanteur. Les tensions internes, les doutes et les luttes personnelles de l’artiste sont peu explorés, et les autres membres de la fratrie restent en retrait.


L’une des grandes réussites du film réside néanmoins dans l’interprétation de Jaafar Jackson, neveu de Michael. Bluffant de ressemblance, il parvient à restituer avec précision la voix, les gestes et l’énergie scénique de son oncle. Les séquences musicales, portées par les enregistrements originaux, sont particulièrement efficaces et entraînantes, malgré une mise en scène parfois trop sage.


La conclusion, abrupte, laisse clairement entrevoir une suite. Les producteurs ont d’ailleurs évoqué la possibilité d’un second volet en cas de succès. Reste à savoir si celui-ci saura approfondir les zones d’ombre et les contradictions d’un artiste aussi fascinant que complexe.


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